je ne sais pourquoi le coquelicot a ce don d'émouvoir. Si fragile, si éphémère et pourtant si crane et flamboyant. Rien ne tient ni ne dure en lui, de la délicatesse de ses pétales, aux courbes improbables d'une tige ironiquement velue. Petit arrogant il ne supporte ni la culture ni le vase mais s'impose en rougissant. Contraste émouvant de sa merveilleuse improductivité qui donne vie par sa couleur à l'ennuyeuse générosité du champ de blé. Petite goutte de toxicité dans cet océan nourricier, c'est lui qui fait le blé. Ne pas craindre de flamboyer même pour peu de temps. C'est cela et cela seulement qui reste d'une vie au bout du bout, le coquelicot dans l'océan du blé. La petite tache de sang sur le corsage blanc. |